Les connaissances sur Internet

Pourquoi créer quelque chose de neuf alors qu’il existe sur le web des bouts de code, des formules, des formes pré-établies, des objets normés, des formats, des références… que chacun peut réemployer, mash-uper, ré-agencer, agréger, copier-coller… ?

Ecrire/créer aujourd’hui c’est donc reprendre de petits objets à disposition. Cela a toujours été le cas car il est plus économique de reprendre à partir de l’existant que de créer ex-nihilo. Ce qui change, c’est justement la mise à disposition. Dans l’ancien mode de la connaissance, en même temps que l’on créait sa connaissance, on s’appropriait ces formes en même temps qu’était inclus dans cette appropriation le mode d’emploi de l’usage de ces formes.

Avec Internet et le nouveau mode d’accès à la connaissance, les objets sont tout prêt pour l’usage sans pour autant que le mode d’emploi les accompagne. Pourquoi apprendre à traduire alors qu’il y a reverso ? Parlera-t-on une langue étrangère de cette manière ?

En gros les objets sont à disposition, mais pas le mode d’emploi. Finalement, on en revient aux problématiques rencontrées par le premier management des connaissances qui a très bien su structurer les connaissances dans des bases de connaissances, qui a su créer aussi des règles d’inférences, mais qui n’a pas su apprendre aux usagers à s’en servir. Il a fallu en revenir aux communautés de pratiques et à la mise au premier plan de la conversation pour voir le KM avoir une certaine efficacité.

Individualisme et maison individuelle

On parle beaucoup du développement des comportements individualistes ou de l’individualisme. EN général c’est pour faire porter la responsabilité de ces comportements sur les individus eux-mêmes. Si la société va mal, c’est la faute aux individus.

Faudrait d’abord poser la question de ce qu’est un individu ? Article à venir sur ce sujet.

Surtout, parler des individus comme seuls responsables de ces comportements c’est oublier que cela a été une volonté politique. C’est Pompidou, qui, pour soutenir la croissance de l’économie française, a promut trois facteur de développement de l’individualisme : la maison individuelle, la télévision et les deux voitures familiales.

La maison individuelle, c’est pour les classes moyennes qui aujourd’hui parsème comme un cancer les campagnes françaises au détriments des habitats collectifs dans lesquelles la ségrégation par les revenus jouent à plein. C’est une des conséquences majeures, la perte de mixité.

La maison individuelle, c’est également donner le pouvoir aux banques par des prêts de plus en plus long, pour des projets de maison de plus en plus couteux. C’est ainsi que l’on empêche toute réflexion. Quand on est propriétaire à crédit on ne pose plus de question, on prie pour ne pas perdre son travail. Quant aux autres, ceux qui ne le sont pas, on leur donne des salaires de misère ou des subventions, ce qui revient au même.

POur avoir sa maison individuelle, on accepte d’être de plus en plus loin de l’emploi et on développe donc les déplacements en voiture, cette instrument dans lequel on se croit en sécurité, à l’abri des autres. Cet instrument avec lequel nous pouvons développer un sentiment de liberté, à condition de pouvoir conduire encore. Que deviennent les personnes agées qui ne peuvent plus conduire, éloigné des centres-ville dans lesquels se trouvent les soins et les accompagnements nécessaires ?

Pour cela il reste la télé, où seul j’attends la mort !