la conscience de soi entre immédiateté et détour anthropologique

Ce billet est la lecture (mauvaise – et à peu près) de l’article La critique blumenbergienne de la conscience de soi chez Husserl et sa ré-anthropologisation sur implications philosophiques.

L’auteur veut montrer une critique de la phénoménologie de Hursserl par Blumenberg, dont il fut l’élève. Cette critique porte la conscience de soi comme immédiateté interne, en même temps que l’intentionnalité de l’action. Il faut nécessairement remettre la conscience de soi dans le rapport au corps, le sien comme celui de l’autre.

Chez Husserl, le besoin d’évacuer le corps correspond à la volonté de fonder une philosophie vraie en toute circonstance et pour tout le monde. La conscience transcendentale existe d’abord et va s’incarner dans la conscience empirique. Dans chaque action intentionnelle du sujet, il y a conscience de l’action et conscience de soi. Ce qui import ici c’est le caractère immédiat des deux. Il y a conscience de la conscience dans l’intentionnalité de l’acte.

Comment la conscience peut-elle avoir conscience d’elle-même et accomplir en même temps des actes à visée intentionnelle ?

C’est dans la personne que sujet réfléchissant et sujet réfléchit s’incarne : deux phases d’un même acte de conscience, non réductible. La conscience c’est d’abord une personne qui a un corps et qui réflechit. La conscience ne peut pas être quelque chose de déjà là. C’est d’abord une construction culturelle qui s’inscrit dans un corps historique.

Enfin l’homme est traversé par le « pouvoir-vouloir » de l’autre. Il n’y a conscience de soi que sous le regard de l’autre.

Blumenberg met en avant le concept de « distance » pour montrer que l’une des caractéristiques essentielles de l’être humain « consiste dans le renoncement à l’immédiateté »[37]. Ce renoncement est rendu manifeste dans la création par l’homme d’une « zone culturelle » d’outils et d’institutions autour de « son corps nu »[38], par la domestication indirecte de soi.