chercher ou trouver, 1.

Dans cet article, l’auteur revient sur l’intuition (Descartes) qu’on peut rapprocher de concept comme l’insight (le moment où tout bascule et où la solution se fait jour brutalement – une sorte de libération de l’esprit face à un problème) ou de la sérendipité (l’art de trouver ce qu’on ne cherche pas). Cette intuition est souvent le résultat d’un changement de point de vue, ou d’une introspection réflexive, ou d’une remise en cause de ce que l’on sait ou croit savoir (le doute méthodique), ou d’une conversation avec autrui ou avec la tradition.

Cette « explosion » de la solution ne peut être comprise que par rapport à la lenteur de la maturation d’une part et par également l’impossibilité sur le moment à comprendre le sens de cette maturation. Il faut pouvoir apprendre pour agir et on ne peut présager de l’importance de ce que l’on apprend pour une action que l’on entrevoit probablement pas encore (digression de l’auteur de l’article).

Cette explosion fait suite à une interrogation, un étonnement et aussi une incertitude lié au constat d’une non connaissance (les théories du besoin d’information) qui génère de l’angoisse et qui fonde le désir à trouver une solution. Le désir comme constat d’un manque (Platon). C’est parce qu’il y a identification d’un problème, attention, centration, concentration sur ce problème, macération obsessionnelle qu’il peut y avoir ce surgissement. Cette libération apparaît aussi comme un en dehors de soi. C’est une illumination, un Eureka étrange qui ne semble pas provenir de son esprit.

Dans une DVDP, choisir le bon support

Il s’agit de la lecture de Engager une discussion philosophique : le choix d’un support de Véronique Delille. L’auteur s’interroge sur la situation de départ de la DVDP et sur le choix du support, prétexte au débat. Elle dit aimer comme support la bd de Bill Watterson, Calvin et Hobbes. D’autres BD pourrait offrir ce type de questionnement peut-être, comme Pico Bogues.

On ne peut cependant pas utiliser n’importe quel support pour animer une discussion philosophique. Certains ne suscitent aucune question, certains sont informatifs, certains véhiculent des présupposés, etc.

Pour l’auteur, 5 critères sont nécessaires dans une DVDP :

  • la pluralité des thèmes abordés dans chaque extraits afin de permettre un choix par l’ensemble de la CRP le plus large possible et éviter ainsi les déterminismes de l’animateur. Cela pose la question de l’animateur qui doit diriger sobrement et non imposer. C’est un art difficile.
  • choisir des support qui puissent s’inscrire dans l’histoire de la philosophie. Encore faudra-t-il que l’animateur ait une culture philosophique de la question potentielle et que la question qui s’appuie sur ce support soit problématisé par les intervenants.
  • Pour contourner l’absence de culture philosophique de l’animateur, il peut être fait appel à des scénettes dans lesquelles les problèmes sont joués comme support à la discussion. Il faudra également qe les scénettes fassent appel à une pluralité de position. C’est la richesse de la scénette, comme indiqué au point 1, qui favorise le déclenchement de la question à traiter.
  • le retour à l’identification au personnage est aussi un facteur utilisable pour lancer la discussion (exemple de la boite à secret)
  • l’affirmation des valeurs de la CRP : écoute, respect, bonne foi, bienveillance…

Dans une deuxième partie, l’auteur attire l’attention sur ce qu’elle appelle les faux critères :

  • faire chiant parce que c’est philosophique. On peut aborder des choses sérieuses sans se prendre au sérieux.
  • vouloir imposer une thématique unique sans passer par la CRP
  • poser une question qui serait uniquement documentaire, prescritive ou morale sans passer par unquestionnement philosophique. Pour mémoire un questionnement philosophique aborde la question du bien, du beau et du vrai.
  • partir d’un sujet à la mode ou d’un sujet répondant à une prescription institutionnelle. Le sujet doit être philosophique et donc s’écarter à la fois du sujet mais aussi du contingent et du quotidien.

 

Le travail d’enquête dans les TPE

Cet article a été écrit il y a longtemps, à l’époque où l’auteur de ce blog était documentaliste en lycée et faisait des travaux personnels encadrés. Il s’agit d’une réflexion qui s’appuie sur son expérience. Cette réflexion trouve des appuis dans la pensée de John Dewey autour de la notion d’enquête (d’où le titre de cet article) dont on peut avoir un aperçut dans enseigner pour apprendre, un défi pragmatiste chez implications philosophiques. A noter que cet article a fait l’objet de plusieurs écritures avant d’avoir sa forme finale, que l’on peut retrouver sous le titre De la problématique et des Travaux Personnels Encadrés, à la science, l’enseignement, et les ensiegnants documentalistes.

[correction en cours] Nouvelle saison pour les travaux personnels encadrés. J’avoue que la fibre du départ s’est estompée et qu’il ne reste plus grand chose de l’enthousiasme des débuts, ni des processus que nous avions créés. Aujourd’hui, il ne s’agit que de procédures à appliquer, d’où la fin du caractère innovant de ce dispositif, si on en juge par le recours systèmatique au dossier pour la production et au diaporama pour la soutenance. Deux des formes scolaires les plus éculées.

C’est donc le temps de mettre en forme ceux qu’ont été les TPE selon ma réflexion. Il s’agit bien d’une réflexion personnelle qui s’appuie sur mon expérience et ma formation personnelle, durant les 10 dernières années. C’est aujourd’hui tout cela, mais surtout le besoin de l’écrire, c’est à dire de le fixer dans le marbre, c’est à dire d’en faire une forme qui soit ou une voie de garage ou un marchepied, qui me fait penser qu’il faut passer à autre chose.

L’élément central et novateur des TPE, a été l’obligation pour  les élèves de construire une . Encore aujourd’hui, cet acte reste fondateur de l’avènement d’une nouvelle forme d’enseigner comme on le verra en conclusion, aussi bien au niveau des disciplines que des litéracies.

Qu’est-ce alors que la problématique et la démarche qui la sous-tend ?

D’abord la problématique est avant tout scientifique et inscrite dans le creuset des différentes sciences, qu’elles soient dures ou molles. Parce que elle est d’abord d’essence scientifique, elle est donc à la fois de l’ordre de la recherche et de l’ordre du et elle vise à traiter de l’information pour la transformer en connaissances. Au final, la doit être la marque de cette problématique, à la fois preuve d’un apprentissage et preuve de l’appartenance à une communauté de chercheur.

Tout commence par une histoire

Avant de revenir en détail, je tiens juste à préciser que pendant longtemps, j’ai présenté les TPE en lisant une histoire, celle de l’ogre de Mouflette Papillon de Magali Bonniol. Je n’ai jamais trouvé mieux pour expliquer ce qu’était un TPE et le rôle d’une problématique. J’ai arrêté de passer par ce livre jeunesse car l’exercice était usé. Je le regrette encore.

Mouflette Papillon ne peut pas se coucher. Un ogre est assis sur son lit. Il n’arrête pas de pleurer. C’est embêtant un ogre qui pleure: il y a des flaques par terre, et l’oreiller de Mouflette est tout trempé. Et pourquoi pleure-t-il, cet ogre? Parce qu’il est trop gros. Ou bien c’est son château qui est trop petit. En tout cas, il ne peut pas entrer dans sa chambre. Par chance, Mouflette sait exactement ce qu’il faut faire pour que l’ogre puisse retrouver son lit et elle le sien. Résumé copié.

Voici énoncé simplement une problématique complexe. L’aspect loufoque ne doit pas nous faire oublier la démarche en cours dans cette histoire.

La problématique est de l’ordre de la tension et de l’argumentation

J’ai construit ma vision de la problématique lorsque j’ai préparé le capes de doc à Lyon, au CEPEC, avec une prof complètement folle, qui reste encore aujourd’hui le modèle du formateur que j’aimerai être un jour, Monique Walls.

Elle nous répétait toujours que la problématique, c’est une matrice de connaissance à partir de laquelle on fait émerger un problème que l’on doit alors formaliser. Est-ce que l’ogre est trop gros ou le château trop petit ? est d’abord un problème identifié par des pleurs et une connaissance, les flaques de pleurs.

Il me semble que tout est dit et c’est toujours dans ce sens que j’ai pensé ce travail.

Donc, dans un premier temps, il s’agit pour le groupe d’identifier un sujet à partir d’un thème national. Les documents d’aide fournis par le ministère permettent de donner quelques pistes. Pourtant ce premier travail, prend tout son sens, non pas dans la logique descendante que promeuvent ces documents mais dans la logique ascendante, quand le groupe va devoir argumenter sur le choix du sujet et le relier au thème. Dans cet inversement de la vision du choix du sujet, il y a déjà problématisation.

Il va s’agir ensuite de travailler la problématique, c’est à dire d’articuler les premières connaissances de base, que le groupe possède en propre ou qu’il acquiert dans la recherche d’informations. Il s’agit donc de construire cette fameuse matrice en même temps que d’affiner l’argumentation du choix du sujet dont je parlais plus haut.

La problématique est scientifique

Le travail doit-il être différent en L/ES et en S ? Et la construction de la problématique est-elle différente en physiques et en français ?

C’est un vieux débat, aussi vieux que le sont les TPE. c’est même la problématique  préférée des enseignants. Il prend sa source dans des visions disciplinaires différentes d’une part et dans un deni de scientificité de l’autre. En ce qui concerne le premier point, c’est l’argument en général avancé par tous. Par contre le second est plus ancré dans les représentations enseignantes, et est un construit de l’école républicaine.

Ne serait scientifique que les sciences, entendues comme sciences physiques, chimie, sciences de la vie, sciences de  la terre, mathématiques. C’est oublier qu’une discipline scolaire s’appuie automatiquement sur une science ou plus précisément sur un ensemble de sciences proches ou non.

On parle bien de sciences économiques et sociales dans lesquelles on va trouver de l’économie, du droit, de la sociologie, de l’anthropologie etc. On parle bien de mathématiques (et le pluriel est important) qui comprend de la géométrie, de la logique, de l’algèbre, des probabilités etc.On parle d’histoire-géographie, ces deux sciences imposées cousines, et tellement dissemblables dans leurs objets comme dans leurs démarches. On parle bien de français ou de littérature sans savoir bien si c’est lui ou elle dont il s’agit. On oublie que derrière ces vocables se cachent de la grammaire, de l’éducation aux médias, de la littérature, le l’histoire littéraire et culturelle etc. Et tout cela c’est des sciences !

La vraie césure, s’il y en a une, est probablement entre ce que les anglo-saxon appelle sciences dures et sciences molles. A mon sens il vaudrait même mieux parler en terme de plus ou moins grande proximité entre les objets, les démarches et les agrégats théoriques qui construisent ces hubs scientifiques. Nous sommes là, plutôt, dans une logique de sociologie des graphes et je suis influencé par les travaux en cartographie des sciences que j’ai pu lire.

Pour conclure sur ce sujet, est-ce que les profs de sciences, comme on les appelle, sont des scientifiques ? Il faudrait pour cela qu’il s’inscrive dans un réseau de recherche et pas seulement dans une didactique ! Combien y en a-t-il dans ce cas ?

Cela supposerait également qu’ils soient dans un flux continu de formation entre les lieux de la recherche et les lieux de leurs enseignements, proche de la création de modèles scientifiques, du mixage conceptuel, des échanges de pratiques et de démarches… Dans ce cas, il n’aurait pas besoin de ce paradoxe vivant qu’est le manuel scolaire, ou des ressources numériques que l’on veut bien nous vendre, comme alpha et omega de la pratique enseignante. Est-ce de la science ou une doxa ? Et sont-ils des scientifiques alors ?

Faire émerger un problème scientifique engageant à une recherche scientifique

Pour revenir sur la problématique, il s’agit donc de travailler autour d’une articulation identifiée et de mettre  à jour le débat. C’est à dire à la fois faire émerger le problème à la conscience et le formaliser. Ces deux opérations-là vont donc nous occuper un moment.

Cette articulation, que doit faire émerger le groupe, entre des propositions contradictoires va donner du sens à la recherche. Mais la recherche dont on parle n’est plus seulement la classique recherche d’information mais la .

Il ne s’agit pas de leurrer les élèves mais bien de les inscrire dans une communauté de chercheur, à un niveau scientifique, peut être faible, mais réel. On ne peut pas demander à un élève d’aller plus loin que d’identifier le problème et d’en donner les grandes lignes de tension alors que des scientifiques mettent des années à travailler autour de ces questions. Par contre, on se doit de les mettre en position de chercheur.

Au coeur de cette recherche scientifique, il y a la démarche d’apprentissage. Apprentissage de la recherche scientifique, au travers des méthodes propres à chacun et des connaissances disciplinaires, mais aussi au travers de la démarche de , de son accès à son intégration dans les schémas mentaux de chacun. Ce travail de problématisation, au niveau de l’élève, doit  lui permettre, d’appréhender ses modes de fonctionnement personnel, en autonomie. Il s’agit pour lui de poser un regard sur le comment il fait en même temps qu’il doit se confronter au regard des pairs.

Faire émerger un problème scientifique engageant à débat

Cette articulation de propositions qui s’entrechoquent, renvoie aussi à la notion de débat. Parce qu’il y a une tension entre deux propositions, il va donc y avoir débat.

Mais le débat dont on parle ne se réduit pas à la conversation sur le zing du coin, ni également au débat politique qui est la représentation commune. Il ne s’agit donc pas d’enfiler les perles et les lieux communs ni de tenter de convaincre un auditoire par la puissance du verbe.

Dans un premier temps, le débat dont on parle, est un débat entre les pairs. Il s’agit de négocier collectivement le sens à donner à cette recherche scientifique. Il va s’agir aussi, dans le coeur de la recherche de négocier les connaissances et les méthodologies à employer dans la collecte d’information.

Le débat dont on parle également, c’est la difficulté à inscrire les nouvelles connaissances dans son existant propre, ce qu’on appelle le conflit socio-cognitif et qui nécessite un effort de la part de chacun.

Le débat dont on parle est enfin au coeur de la recherche scientifique, le débat scientifique. Il s’agit alors de  démontrer, et pour cela il faut examiner les arguments et les confronter afin de donner le périmètre du problème avant de construire les nouvelles connaissances de chacun.

Ce qui est au coeur de la problématique, le traitement de l’information

Ces débats se nourrissent d’information.

Il s’agit de collecter de l’information. On passe classiquement par la démarche de recherche d’informations : outils de recherche, liste de référence, accès au document, lecture de l’information et prise de notes permettant de fixer en mémoire l’information en connaissance), dont on oublie parfois sa filiation avec la démarche historique.

Il y a là un impensé qui est cause de confusion à mon sens. D’abord parce que les enseignants documentalistes se sont emparés de cette démarche et l’ont imposée, avec justesse, il me semble, mais sans en indiquer fortement la paternité, ce qui est un comble pour nos professions.

Ensuite parce que le primat accordée à cette méthode a occulté que les autres méthodes de collecte de l’information étaient tout aussi légitimes et que l’important était la collecte d’information par les moyens les plus adéquats, dont la recherche d’informations n’était qu’un possible. Ce primat est aussi une des causes convoquées par les profs de sciences dures, pour penser que la recherche d’informations ne les concerne pas.

Dans cette démarche historique, il y a tout le travail sur les sources crédibles et les autorités cognitives qui produisent l’information, qui pour l’usager reste à valider  et à en vérifier la pertinence.

Un autre mode de collecte de l’information, c’est l’expérimentation. Toutes les sciences recourent à l’expérimentation. Je ne vois pas de différences fondamentales entre faire une expérience en laboratoire et faire une enquête sociologique, traiter les traces d’une culture passée et les résultats d’un bouillon de culture, recueillir des éléments dans le sol pour les analyser, traces d’animal ou traces de civilisation. Les méthodes sont différentes, mais nécessite des compétences et des connaissances identiques dans le traitement des informations collectées.

Ce qui est la marque de la problématique, la bibliographie

Au final de ce travail de problématisation, qui ne demande pas de réponse particulière, mais qui est, on l’aura compris au coeur de l’apprentissage, il y a la production, mais ce qui est plus intéressant à mon avis, et largement sous-estimé par l’ensemble de l’équipe enseignante en générale, c’est la bibliographie.

La problématique doit refléter l’engagement de l’élève dans cette recherche scientifique en même temps que son apprentissage. Elle doit d’abord faire la preuve de l’acquisition de connaissances, de méthodes et de compétences. C’est en ce sens qu’il faut travailler avec les élèves, et les obliger à avoir une bibliographie riche qui dépasse le stade wikipedien de la connaissance de base, pré-problématisante.

Il faut aussi qu’elle garde la trace de l’ensemble de la démarche. Ce qui pose la question du traitement de l’entretien, du compte-rendu d’expérience ou d’enquête, de l’enregistrement  etc. et de tout le matériel produit par le groupe qui doit apparaitre dans la bibliographie et être rejeté en annexe. Dans la logique, il me semble que le carnet de bord devient lui aussi un document à produire, non pas indépendamment mais en annexe et relié à cette bibliographie.

Le troisième point important à mes yeux, c’est l’inscription du groupe dans cette communauté scientifique de chercheur. D’abord parce que les connaissances acquises par l’élève, ne sont pas nouvelles, on n’attend pas cela d’un élève, mais sont un produit scientifique de cette communauté. La bibliographie, c’est dire aussi les points de vue, les angles d’attaque que le chercheur a choisi. C’est aussi s’appuyer sur les lectures de ses pairs. C’est enfin échanger dans cette zone obscure qu’est l’avant de la publication.

Pour conclure

La problématique, c’est bien sûr le traitement de l’information dans sa globalité. Comment je crée un besoin d’informations à partir d’une thématique donnée ? Comment je m’appuie sur un existant scientifique et je fais émerger un problème ? Comment je formalise, dans le débat avec les pairs, la problématique ? Comment j’engage un véritable débat scientifique, qui va déboucher sur une véritable recherche scientifique ? Comment je collecte de l’information en usant de méthodologies disciplinaires qui se croisent ? comment j’évalue l’information acquise ? Comment je produis collectivement une nouvelle connaissance qui sera personnelle à chacun ? Comment je mets à distance ce que je viens de faire en explicitant mes modes d’apprentissage ?

Qu’est-ce qui a changé aujourd’hui ? Pour moi, il n’y a qu’une chose qui a changé, c’est la nature de l’enseignant.

Avant les TPE, avec le recours au document dans l’enseignement, et plus tard l’arrivée d’Internet, l’enseignant avait déjà perdu son omniscience lié à la maîtrise du savoir et à la maitrise de l’accès au savoir.

On est en effet passé du savoir didactisé au savoir vulgarisé. L’arrivée des CDI est la marque de ce changement. L’arrivée du document dans les enseignements et de la recherche d’informations dans les CDI est aussi un autre jalon de cette perte. il convient de traiter désormais comment fonctionne le document et l’information plutôt que de dispenser un savoir.

Avec les TPE, il perd également son omnipotence. Car la problématique, c’est l’art de créer de la connaissance à partir de l’information collectée. Il n’est donc plus celui qui fait advenir la connaissance, mais celui qui permet d’expliquer comment on apprend. Il se situe donc dans l’apprentissage d’un processus. C’est là aussi un pas de plus vers le changement de nature du métier d’enseignant ou ce dernier est moins un intermédiaire obligé, qu’un accompagnant bienveillant qui met en place les dispositifs et qui scénarise les ressources à disposition.

Pour conclure cette conclusion, les apprentissages scolaires, doivent, à mon avis se situer sur ces deux pans d’un apprentissage à cette matière première qu’est l’information : information knowledge, information data, information news.  Est-ce que aujourd’hui les disciplines actuelles sont pertinentes pour cela ? Oui si elle exprime des méthologies propres. Non si il s’agit d’exprimer un apprentissage complexe ! Et bien sûr derrière cette affirmation, il y a ce à quoi j’aspire, un véritable enseignement à cette nouvelle matière première, l’information et à la manière qu’il y a à la transformer en connaissance.

Personnellement, je pense qu’il faut un apprentissage dédié, assuré par des professionnels que sont certains enseignants documentaliste. ce qui pose effectivement la question de l’avenir de cette profession qui ne peux pas continuer à être tiraillé entre des injonctions contradictoires et surtout cantonné à une gestion des ressources qui est aujourd’hui illusoire.

La problématique comme marque de l’enquête

La théorie de l’enquête est un concept clé de la logique de John Dewey. Elle s’inscrit dans une pensée marquée par le darwinisme où le monde étant en constante évolution, les hommes et leurs sociétés doivent constamment s’adapter. Pour lui comme pour le courant pragmatiste cette évolution se fait à partir d’enquêtes consistant à étudier les modifications de l’environnement puis d’envisager les moyens d’y faire face avant d’adopter la méthode qui pratiquement semble la meilleure. Théorie de l’enquête – wikipédia

Toute enquête scientifique (ou autre) part d’une situation fluctuante qui pose problème. Il s’agit alors de poser la problématique, c’est à dire de verbaliser le problème. C’est donc d’abord de l’ordre de la construction d’un discours scientifique.

Problématiser c’est identifier un problème scientifique pour ensuite chercher à le résoudre. Parce que elle est d’abord d’essence scientifique, il s’agit d’abord de constituer une matrice de connaissance à partir de laquelle un problème peut émerger et qui doit alors être formalisé. Il s’agit donc de rassembler les connaissances et de verbaliser les données du problème et ensuite de trouver une articulation, une friction, quelque chose qui agace. Cette articulation entre des propositions contradictoires donner le sens (direction/guide et compréhension) de la recherche.

Elle est donc à la fois de l’ordre de la recherche et de l’ordre du débat scientifique et elle vise à traiter de l’information pour la transformer en connaissances.

Ce débat dont on parle, est un débat entre pairs. Il s’agit de négocier collectivement le sens à donner à cette recherche scientifique. Il va s’agir aussi, dans le cœur de la recherche de négocier les connaissances et les méthodologies à employer dans la collecte d’information.

C’est aussi un débat avec soi-même, avec ses connaissances propre et avec le besoin de détruire ce que l’on sait pour apprendre, ce qu’on appelle le conflit socio-cognitif.

C’est enfin un débat scientifique dans le sens où il s’agit alors de  démontrer, et pour cela il faut examiner les arguments et les confronter afin de donner le périmètre du problème avant de construire les nouvelles connaissances de chacun.

Au final, la constitution d’une bibliographie est la marque de cette problématisation. La bibliographie signe la fin provisoire de l’enquête, prouve un apprentissage et une vérité là-aussi provisoire et fluctuante et enfin marque l’appartenance à une communauté de chercheur.