La boite à secret

Cette action s’appuie sur un scénario imaginé par Yan Marchand des petits platons pour aborder la question de l’amitié. Ce qui suit est le compte-rendu retravaillé de l’activité envoyé à YM.

Cet atelier a été joué pour 3 groupes de 6e (10 élèves / groupe) pendant l’année scolaire 2016-217. Il n’y a pas eu de préparation particulière. Il a bien fonctionné en partie parce que le sujet est maîtrisé par l’animateur. Les trois groupes ont été réceptifs. Les enfants avaient vraiment envie de savoir ce qu’il y avait dans cette boite. Pour l’occasion, il s’agissait d’une belle boite en porcelaine qui se trouvait elle-même dans une autre boite en osier. Le jeu sur la boite et le lancement sous forme de confidence joue probablement beaucoup dans le fait que les enfants aient été attirés.

Après l’activité, cela pose vraiment la question de la préparation à consacrer à un sujet et celle de la maitrise des notions. En tant qu’animateur débutant, la maîtrise conceptuelle est d’abord liée aux souvenirs du programme de terminale et en partie aussi sur une expérience personnelle/professionnelle de l’animateur.

In fine, l’objectif de l’animateur est vraiment de dépasser la simple discussion, aussi complexe soit elle et travailler à la fois sur la focalisation de l’attention et d’apporter ou de susciter des connaissances/recherches les notions philosophiques et les philosophes. Cela pourrait être un travail sur les 4 années du collège.

Voici ce qu’il peut être retienu de l’activité.

La notion de confiance  arrive très rapidement chez les élèves. L’animateur en vient à aborder l’étymologie du mot (cum fides) ce qui me permet aussi de montrer l’intérêt de passer par le latin. L’amitié est d’abord un acte de foi envers l’autre. Mais une foi raisonnée par la connaissance que l’on a de l’ami.

Les élèves ont aussi interrogé ce que l’on pouvait attendre d’un ami. L’utilité dans le besoin est un argument récurent. La communauté de vie apparaît parfois avec le fait « d’être proche de son ami ». On parle alors de la proximité géographique et de la proximité communauté de vie. Quelque fois l’amour de son ami est apparu mais à la marge.

La question de la connaissance de l’autre et de la reconnaissance a également été abordée. La question du temps nécessaire pour l’approfondissement de l’amitié a été noté. Dans le cadre du scénario, que se passe-t-il si mon amis revient après 10 année. Est-ce le même ? Comment faire pour renouer une amitié ancienne ?  La question du secret et de sa divulgation fait l’objet de quelques remarques, mais de manière assez marginale finalement.

A un moment l’animateur aborde l’histoire de la boite de pandore et des deux aspects de la curiosité, comme vilain défaut d’une part, mais aussi comme art de chercher.

La beauté de la boite joue vraiment un rôle. Elle est belle et elle attire le désir des enfants de voir ce qu’il y a dedans mais aussi de la toucher. Cela a permis aussi de discuter sur le beau et le bien et de faire la distinction entre le contenant et le contenu et ce qui importe vraiment (et si cela avait été une boite en carton, est-ce que cela changeait ?) et aussi entre le processus d’amitié et la preuve/objet d’amitié.

A la fin l’animateur, sans ouvrir la boite dit que ce qu’il y a dedans, c’est soit du vent soit une histoire, c’est à eux de choisir. Certains élèves ont aussi dit qu’en fait la boite ne servait qu’à faire l’atelier philo ce qui permet à l’animateur de parler de prétexte.

Un élève a voulu inventé un procédé de caméra infra-rouge permettant de voir sans ouvrir, ce qui a permis de discuter sur ce qui était important, le fait d’ouvrir ou le fait de connaître. Les enfants ont aussi interrogé les intentions de l’ami par des séries de « peut-être » auxquelles l’animateur a toujours répondu par un « peut-être »

Certain par jeu, provoquaient, affirmant vouloir ouvrir à tout prix ou préférer l’argent à l’ami. Il leur a alors été demandé s’ils continueraient à tenir ce discours si leur parents étaient là, et tous se sont rétractés. Cela a permis d’aborder la question de l’éducation et du « ne pas faire honte aux parents ». C’est probablement plus facile à faire avec des sixièmes qu’avec des 4/3 qui sont en opposition.

Il n’y a pas eu de compte-rendu faits aux enfants par manque de temps. Cela pose la question justement de la synthèse : le texte écrit ne convient pas. Alors quelle forme privilégiée ? Leur faire reconstruire les échanges avec retour sur tableau blanc, photo et à la séance suivante, construction d’une carte mentale… ?