Le stoïcisme

« il y a ce qui dépend de nous et ce qui ne dépend pas de nous » – mais c’est une frontière assez floue. C’est le premier pas vers la conscience que nous sommes limités. C’est la reconnaissance de notre finitude pour éviter de souffrir. C’est donc aussi la conscience de nos limites.

La première limite c’est la mort de l’autre comme de soi. C’est donc en premier l’acceptation la plus profonde de cette limite. C’est donc une philosophie pratique et une psychologie.

« apprendre à vivre c’est apprendre à mourir » – C’est accepter cela comme une loi de la nature. Cela permet d’évacuer la tristesse.

Cela signifie donc que « la mort, ce n’est rien ». L’angoisse de la mort, c’est l’angoisse d’une idée et non d’une réalité. D’où le fait que l’individu est toujours dans l’anticipation ou dans la nostalgie mais on est jamais vraiment dans le présent. Ces émotions font alors naître en nous des émotions (passions selon les grecs). Patos signifie douleur. Les passions sont des projections de notre esprit. Celui qui est responsable, c’est l’individu qui laisse ses émotions prendre le dessus sur lui et sur son état affectif.

« Je ne dois pas être affecté par ce qui ne dépend pas de moi ». Toute émotion est donc une aberration logique car elle ne résout pas le problème qui en est la cause. Nous sommes la cause de nos émotions alors que nous pensons que c’est extérieur à nous. Nos émotions ne sont pas dû aux autres mais à nous même. D’où le concept de maîtrise de soi. C’est une morale individuelle.

Etre stoïcien, c’est refusé d’être affecté par ce qui ne dépend pas de nous. Les émotions c’est de l’énergie non canalisée mais qui ne va pas résoudre le problème. Par contre l’expression de nos émotions peut  aussi être une catharsis.

« ne cherche pas à changer la réalité mais à changer le point de vue que tu as sur la réalité ». C’est une philosophie de la soumission ? Accepter tout c’est une forme de renoncement ! Mais les stoïciens précise bien qu’il faut pouvoir changer ce qui peut être. Il faut donc savoir ce qui peut être changer et le faire. Mais on ne peut pas révolutionner le monde tout seul. On ne peut changer que en fonction de ses capacités.

J’ai le choix aussi de renoncer mais alors je ne fais pas ce qui dépende de moi. Je refuse d’avoir une action sur le monde. C’est un raisonnement dicté par l’égo et l’émotion, le désir de toute puissance. On agit sur le périmètre sur lequel on peut agir.

Nous faisons partit du monde, à notre niveau. Nous ne pouvons pas agir à la place des autres.

C’est une philosophie, non du renoncement mais de la lucidité. Désirer l’impossible renvoie à la passivité et à la frustration.

Les actions que j’entreprends sont marqué par les émotions qui les poussent. Mais sans moteur des émotions, je ne dépend pas de l’illusion. Je suis donc beaucoup plus libre.

« Nos émotions nous rendent esclave »

Il s’agit de relativiser notre capacité d’action sur le monde.

Nous subissons nos émotions parce que nous ne faisons pas l’effort qu’il faut pour les maîtriser. Le bonheur est la condition de cette maîtrise : « l’important n’est pas ce qu’on a fait de nous mais ce qu’on fait de ce qu’on a fait de nous » – sartre. Nous pouvons cependant faire l’effort de changer notre caractère. Cela passe par une vision de changement.

Pour les stoïciens, nous sommes déterminés. Ce qui arrive arrive nécessairement. Quand quelque chose se produit, c’est qu’il y a une cause (une raison). On peut expliquer tout ce qui arrive, sans nécessairement l’accepter ou le légitimer. Expliquer n’est pas excuser. Expliquer les causes, c’est voir que tout est rationnel. La raison englobe tout ce qui est possible de comprendre. On peut ne pas découvrir les causes mais on sait qu’elles expliquent. Il n’y a pas de coïncidence, seulement des points de vue individuels et ignorant.

Comprendre les causes en amont permettrait alors d’empêcher l’événement en changeant le déroulement des causes. Les stoïciens propose alors de comprendre l’événement en prenant un point de vue omniscient.

L’univers est rationnel et doit se conformer à cette rationalité de l’univers. Plus il se rapproche de cette rationalité et plus il et libre et heureux. Le bonheur est donc ne plus dépendre de ses émotions. L’homme est capable, même si ce n’est pas facile, de se dépendre de ses émotions pour  arriver vers le bonheur. C’est par ce travail de combat ontre nos émotions que l’on va vers le bonheur.

Le bonheur est lors le contraire de la satisfaction de nos désirs. Le désir c’est un sentiment qui nous habite et qui manifeste notre manque d’un objet extérieur. Désirer c’est prouver que notre bonheur dépend de choses en dehors de notre volonté. On ne peut pas tuer son désir mais simplement combler momentanément ce désir.

Le bonheur, c’est de ne plus dépendre de ses désirs. Désirer c’est un manque. C’est donc se détacher du corps – cf également les yogis. Il s’agit de se détacher de notre corps et se concentrer sur notre conscience.

Le libre arbitre signifie pour les stoïciens  de ne pas ‘mouvoir de la fatalité du monde. On ne doit pas être passif devant l’événement mais faire preuve de discernement afin de définir ce qui peut être changer et de définir les moyens pour le faire.

A lire les pensées pour moi-même de marc aurele –