L’école de Palo Alto par Cynthia Fleury

Cynthia Fleury est une philosophe française connue pour avoir importée la notion de care en france et qui est aujourd’hui titulaire de la chaire de philosophie de l’hôpital. Dans les deux vidéo qui suivent, elle présente l’école de Palo Alto et son apport à la clinique actuelle.

A consulter aussi sur le site de la chaire de l’hôpital ici et ici

La théorie de l’auto-détermination de Deci et Ryan

Émilie Huiban, Jacques Fischer-Lokou, Nicolas Deporte et Christine Petr. Approche exploratoire des ressorts « motivationnels » à pratiquer la consommation collaborative.  La théorie de l’autodétermination.

Originellement développée par Deci et Ryan [cf. Ryan & Deci, 2000 ; Deci & Ryan, 2016 ; Paquet, Carbonneau & Vallerand, 2016], la TAD soutient l’idée d’un continuum de plusieurs types de motivations qui serait essentiellement fonction du degré d’autonomie perçue par l’individu face à sa volonté d’agir. Ce continuum présente d’un côté, un état de motivation très faiblement régulé ou autodéterminé nommée amotivation, qui reflète une forme d’indifférence ou une absence de valeur à un résultat ou à un comportement. Sur l’autre versant de ce continuum, se présente un état de motivation autonome, décrit comme fortement autodéterminé, car il implique que l’individu dispose pleinement du sentiment d’un libre choix lorsqu’il s’adonne à une activité par laquelle il retire intrinsèquement ou uniquement pour elle-même, une grande source d’intérêt ou de plaisir. Entre ces deux extrêmes se situent quatre états de motivations régulées plus extrinsèquement (ou de nature plus contrôlée), dénommés « régulation externe », « régulation introjectée », « régulation identifiée » et « régulation intégrée ». Ces formes de motivation qualifiées d’extrinsèques reposent sur l’idée que la personne agit davantage sous l’influence de pressions perçues comme plus ou moins externes à la personne [Deci & Ryan, 2008]. Toutefois, comme le précisent Deci & Ryan (2016), si les facteurs de motivations extrinsèques sont davantage perçus comme étant plus contraignants que ceux de nature intrinsèque, on peut distinguer plusieurs formes de régulations qui n’impliquent pas les mêmes processus psychologiques d’induction à l’action. La régulation externe suppose que l’individu s’engage uniquement dans le but d’éviter une punition ou de bénéficier d’une récompense. La régulation « introjectée » traduit l’acceptation d’une requête externe sans que l’adhésion ne le libère réellement d’un aspect encore vécu comme aliénant [Deci & Ryan, 2016]. Avec la régulation d’identification, les auteurs précisent que le sujet s’identifie à la valeur de l’action en la faisant sienne et accepte de son plein gré de réguler son comportement dans le sens demandé. Enfin, la forme de régulation intégrée traduit un niveau d’identification accru par lequel l’individu associe pleinement ses propres valeurs à la nécessité de soumettre son comportement à la requête externe sans toutefois que l’activité effectuée le soit dans le seul but d’y trouver du plaisir. Ainsi, si l’on en croit Deci et Ryan (2016), le niveau de motivation de la régulation intégrée rejoindrait celui de la motivation intrinsèque (les deux activant un état d’autodétermination important), la différence se situant sur le plan de la primauté du plaisir recherché, plus accentué dans le cas de la motivation intrinsèque.

Intégrée au continuum qui définit la nature de la motivation et permet d’anticiper plus aisément l’engagement du comportement en fonction du degré d’autodétermination, la TAD identifie également un certain nombre de besoins considérés comme fondamentaux et universels [Forest & al., 2013], auxquels peuvent être associés des buts personnels et des valeurs socialement partagées [Kasser, 2016 ; Kasser & Ryan, 1996].

Selon Forest & al. (2013), plusieurs travaux confirment qu’une motivation de nature optimale nécessite l’activation d’un certain nombre de processus mentaux et comportementaux fondamentaux ici dénommés « besoins ». Trois de ces besoins ont particulièrement été mis en évidence comme jouant un rôle décisif dans de nombreuses situations de la motivation autodéterminée. Le sentiment de pouvoir agir en toute autonomie ou de conserver un sentiment de contrôle est fortement associé aux aspirations intrinsèques ou s’y rapprochant (par la régulation intégrée ou identifiée) autant que de pouvoir satisfaire un besoin (social) d’apparentement en partageant des sentiments authentiques [Reeve, 2004]. De la même façon, le besoin de compétence ou la capacité à s’impliquer dans une tâche permettant la réalisation de défis optimaux et facilitant un sentiment d’accomplissement ou de progrès appartient également à la catégorie des besoins considérés comme fondamentaux. Cependant, comme le rapporte Kasser (2016), les buts et valeurs des individus peuvent aussi exprimer des motivations intrinsèques et extrinsèques et permettre la satisfaction de différents besoins. Par exemple, la recherche de récompenses, de biens matériels, de réussite financière et de reconnaissance sociale sur le plan de la réputation, reflèterait des aspirations de nature plutôt extrinsèque. La poursuite de comportements prosociaux ou coopératifs et l’expression d’attitudes favorables envers le développement durable ou écologique focaliseraient vraisemblablement davantage, toujours selon Kasser (2016), des valeurs plus intrinsèques.

L’humanisme numérique de Doueihi

Pascal Plantard et Mickaël Le Mentec INEDUC : focales sur les inégalités scolaires, de loisirs et de pratiques numériques chez les adolescents

Comme l’écrit Doueihi « L’humanisme numérique… est le résultat d’une convergence entre notre héritage culturel complexe et une technique devenue un lieu de sociabilité sans précédent » [2011, p. 9].

Il illustre cet humanisme numérique par les nouvelles pratiques « amicales » qui ont cours sur les réseaux sociaux numériques et qui nous intéressent tout particulièrement du point de vue de la construction identitaire des adolescents : « Peut-on ou doit-on tout partager avec son ami, avec ses amis ? Peut-on ou doit-on abandonner toute propriété individuelle au profit de la collectivité ? Ou bien faut-il préserver la propriété individuelle et la soumettre au choix de l’ami ? Derrière ces questions on retrouve les problèmes qui sont en grande partie les nôtres aujourd’hui dans la culture numérique : quels sont les liens entre le partage, l’amitié numérique et le domaine public ? Quelles sont les formes d’échange et l’économie qui les soutient dans le monde de la sociabilité numérique ? Est-ce que l’amitié inaugure une nouvelle ère, avec un nouveau paradigme de la propriété et de la valorisation ? Ou bien s’agit-il tout simplement d’une exploitation économique classique de la mise en forme numérique de l’amitié et de ses extensions par les plates-formes actuelles ? » [2011, p. 88].

L’effet rebond

Mickaël Shermer. Pourquoi les faits ne suffisent pas à convaincre les gens qu’ils ont tort.

Dans une série d’expériences, Brendan Nyhan, de Dartmouth College, et Jason Reifler, de l’Université d’Exeter, ont identifié un second facteur, connexe, qu’ils ont nommé « effet rebond » (en anglais, backfire) : corriger les erreurs factuelles liées aux croyances d’une personne n’est pas seulement inefficace, mais cela renforce ses croyances erronées, car « cela menace sa vision du monde ou l’idée qu’elle se fait d’elle-même ». Les sujets d’une expérience recevaient par exemple des articles de presse fictifs qui confirmaient des idées fausses répandues, comme la présence d’armes de destruction massive en Irak. Puis on donnait aux participants un article qui démontrait qu’aucune arme de destruction massive n’avait été trouvée. Résultat : les sujets d’orientation libérale qui étaient opposés à la guerre ont accepté le nouvel article et rejeté les anciens, alors que les conservateurs qui soutenaient la guerre ont fait le contraire. Pire, ils ont déclaré être encore plus convaincus de l’existence d’armes de destruction massive après avoir lu l’article montrant qu’il n’y en avait pas, au motif que cela prouvait seulement que Saddam Hussein les avait cachées ou détruites. En fait, Nyhan et Reifler ont noté que chez de nombreux conservateurs, « la croyance que l’Irak possédait des armes de destruction massive juste avant l’invasion par les États-Unis a persisté longtemps après que l’administration Bush elle-même a fini par admettre que ce n’était pas le cas ».

L’appropriation selon Jaureguiberry

Article Mickaël Le Mentec et Pascal Plantard ineduc, pratiques numériques des adolescents et territoire.

Jauréguiberry (2008) définit ainsi l’appropriation : « Au niveau individuel l’utilisateur agit de façon à ce que l’innovation convienne à sa personnalité : il l’intègre dans ses schèmes perceptivo-moteurs familiers, ses habitudes de travail et son expérience antérieure (…). Plus globalement, il organise l’ensemble de ses objets techniques quotidiens pour leur donner un sens personnel, lié à la trame de sa propre vie : comme s’il réalisait une « mise en intrigue » de l’innovation, pour parler comme Paul Ricœur.» (Jauréguiberry, 2008, p. 33).

socialisation

Article Mickaël Le Mentec et Pascal Plantard ineduc, pratiques numériques des adolescents et territoire.

Une autre observation qui traverse les données qualitatives d’INEDUC confirme qu’une forme de socialisation primaire au numérique s’opère dans la famille avec, par exemple, ce sentiment d’avoir toujours vécu avec internet. La socialisation est l’incorporation par le sujet des manières d’être (sentir, penser, agir) d’un groupe, de sa vision du monde et de son rapport à l’avenir, de ses postures corporelles comme de ses croyances intimes. Le sujet se socialise en intériorisant des valeurs, normes, dispositions qui en font un individu socialement identifiable. Mais c’est aussi une entreprise « active » : construction progressive de la communication du soi comme membre d’une communauté, participant activement à son existence et donc à son changement. La socialisation est donc fortement corrélée à l’individualisation : plus on est soi-même, mieux on est intégré dans le groupe. La socialisation secondaire a donc une importance capitale pour les adolescents, dans les groupes de pairs (Pasquier, 2005) mais aussi par rapport aux adultes qui ne font pas parti de la famille. Les données INEDUC révèle l’influence de la dynamique numérique et partenariale (en particulier avec les parents et le tissu associatif) du collège dans les pratiques numériques des adolescents. Particulièrement en milieu péri-urbain et rural, c’est le collège et sa communauté éducative étendue au territoire, qui permet, ou non, que les différences se compensent ou s’intériorisent en inégalités éducatives.

« Techno-imaginaire » de ballandier

Article Mickaël Le Mentec et Pascal Plantard ineduc, pratiques numériques des adolescents et territoire.

Le concept de « techno-imaginaire » proposé par l’anthropologue Georges Balandier (1986), qui décrit l’importance et l’abondance de la technique et des machines dans notre imaginaire contemporain, nous permet d’éclairer ce processus. Les techno-imaginaires forment les grands récits mythologiques qui servent de références symboliques aux représentations sociales que nous avons des ordinateurs et d’internet. Positives ou négatives, ces représentations dépendent de l’image première que l’on se fait des technologies. Dans ce sens, la représentation sociale désigne les images de la réalité qui sont partagées par toutes les personnes d’une société. Ces représentations, constituées d’images hybrides, font que chacun reconnaît l’instrument technologique et le pratique, d’abord de façon très individualisée, puis de plus en plus collective par l’effet de socialisation de la technologie. Pour reprendre les concepts de Simondon (1989), les techno-imaginaires produisent une pensée magique qui, en s’individuant, se transforme en pensée technique productrice d’instruments technologiques et de pratiques de ces instruments. La technique et la pratique gardent donc toujours les traces de ce creuset imaginaire initial (comme le « village planétaire » pour la structure et les pratiques d’internet). Les techno-imaginaires sont le matériau de base des représentations qui déclenchent et orientent les pratiques des jeux vidéo. La pratique qualifie ici l’activité humaine concrète dans son environnement socio-technique. De ce fait, aucune pratique n’existe hors du sens qu’on lui confère, aucune pratique n’est isolée, aucune pratique n’est neutre, aucune pratique ne peut s’exonérer du contexte socio-historique dans lequel elle se trouve.

« Pratiques socialisées » de Plantard

Dans Mickaël Le Mentec et Pascal Plantard ineduc, pratiques numériques des adolescents et territoire. Voir présentation article précédent.

Invention s’appuie sur des techno-imaginaires. Elle devient innovation si elle rencontre un techno-imaginaire de pratiquants (massification). Si il y a socialisation des techniques, il y a alors création d’usages (banalisation).

Nous définissons l’usage comme « ensemble de pratiques socialisées » (Plantard, 2011). Les usages du numérique fonctionnent donc comme les autres normes sociales, dont nous cherchons à saisir les différentes facettes par l’observation des pratiques des adolescents. Les pratiques numériques, en se socialisant, se transforment en usages. Pour la personne, la socialisation, c’est le processus d’intériorisation des valeurs et des normes de son groupe social. C’est par la socialisation qu’on construit son identité qui oscille entre reproduction et changement social. La socialisation passe par l’éducation mais elle est aussi influencée par nos environnements naturels, humains et technologiques. Il existe donc une triple socialisation : du sujet lui-même, des technologies qui l’entourent et des pratiques de ces technologies qui deviennent des normes d’usages…

…À la lumière de nos travaux de recherche, nous pouvons préciser la proposition de Scardigli (1989) sur les « trois temps de l’insertion sociale des techniques » (promesses, diffusion, usages) par trois types de socialisation des pratiques numériques, qu’elles soient industrielles ou celles, quotidiennes, des usagers :

Figure 3 : La boucle de socialisation des technologies

Figure 3 : La boucle de socialisation des technologies

Ce cycle commence toujours par l’invention d’un objet nouveau qui aura toujours été désiré, fantasmé, rêvé ou imaginé par son ou ses inventeurs. Néanmoins, toutes les inventions ne deviennent pas des innovations et encore moins des usages. En rupture avec ce qui existe, l’innovation provient d’un changement de pensée, dans un environnement sociotechnique donné, qui engendre des actions nouvelles. Ces pratiques s’installent souvent sur des techno-imaginaires mystificateurs et autocentrés, ce qui explique pourquoi toutes les innovations ne génèrent pas toujours de nouveaux usages. Néanmoins, les pratiques innovantes présentent l’avantage d’offrir le contexte général d’action qui permet à certaines innovations de devenir des usages qui s’inscrivent alors dans la nouvelle offre sociotechnique.

« Braconnage » de Michel de Certeau

Cet article de Mickaël Le Mentec et Pascal Plantard,  INEDUC : pratiques numériques des adolescents et territoires, présentent l’enquête ineduc comme un croisement de données pour faire émerger les inégalités éducatives liées aux territoires, aux appartenances sociales et à l’usage du numérique. De Certeau est convoqué pour justiier l’usage de la télévision par les adolescents comme étant un braconnage.

C’est De Certeau (1990) qui introduit la question du braconnage en sciences humaines et sociales. Pour lui, la consommation culturelle est productive et ses usages créatifs. De Certeau a recours aux méthodes d’approche de Vernant et Detienne (2009) concernant la Métis grecque pour approcher cette créativité lunaire, pour reprendre la dialogique des savoirs de Taylor (2008)10. Cette créativité du quotidien qui ne s’exerce pas sous le soleil de la scène artistique ou dans le théâtre académique mais dans l’action banale du quotidien que chacun couvre de son ombre affectueuse. Dès la fin des années soixante-dix, De Certeau considère la lecture comme un braconnage au travers duquel le lecteur, dans son intimité, recompose le texte d’un auteur avec ses propres références culturelles. Dans cette perspective, les usages sont appréhendés comme des pratiques inventives et créatives qui participent de « l’invention du quotidien ». L’écart entre les usages descendants (pensés a priori) et les usages ascendants (inventés par les usagers) est donc à comprendre comme le signe de leur véritable intégration dans la culture des usagers et non pas comme un dysfonctionnement ou un obstacle à la diffusion des innovations. L’acte de consommation (ou l’usage) est considéré comme une construction, une poïétique (en grec poïen signifie créer) invisible, rusée et silencieuse. L’écart entre ce qui est prescrit et ce qui est approprié (éprouvé) est considéré comme une activité humaine ordinaire : le braconnage. Pour les contenus télévisuels, usage et braconnage redéfinissent les relations des adolescents au « monde » télévisuel qui, grâce aux apports des technologies numériques, est devenu plus souple et plus interactif. Aujourd’hui, les adolescents projettent des désirs, des imaginaires et des références culturelles bien au-delà de la manière dont ils utilisent le poste de télévision.

http://journals.openedition.org/netcom/1799

Le stoïcisme

« il y a ce qui dépend de nous et ce qui ne dépend pas de nous » – mais c’est une frontière assez floue. C’est le premier pas vers la conscience que nous sommes limités. C’est la reconnaissance de notre finitude pour éviter de souffrir. C’est donc aussi la conscience de nos limites.

La première limite c’est la mort de l’autre comme de soi. C’est donc en premier l’acceptation la plus profonde de cette limite. C’est donc une philosophie pratique et une psychologie.

« apprendre à vivre c’est apprendre à mourir » – C’est accepter cela comme une loi de la nature. Cela permet d’évacuer la tristesse.

Cela signifie donc que « la mort, ce n’est rien ». L’angoisse de la mort, c’est l’angoisse d’une idée et non d’une réalité. D’où le fait que l’individu est toujours dans l’anticipation ou dans la nostalgie mais on est jamais vraiment dans le présent. Ces émotions font alors naître en nous des émotions (passions selon les grecs). Patos signifie douleur. Les passions sont des projections de notre esprit. Celui qui est responsable, c’est l’individu qui laisse ses émotions prendre le dessus sur lui et sur son état affectif.

« Je ne dois pas être affecté par ce qui ne dépend pas de moi ». Toute émotion est donc une aberration logique car elle ne résout pas le problème qui en est la cause. Nous sommes la cause de nos émotions alors que nous pensons que c’est extérieur à nous. Nos émotions ne sont pas dû aux autres mais à nous même. D’où le concept de maîtrise de soi. C’est une morale individuelle.

Etre stoïcien, c’est refusé d’être affecté par ce qui ne dépend pas de nous. Les émotions c’est de l’énergie non canalisée mais qui ne va pas résoudre le problème. Par contre l’expression de nos émotions peut  aussi être une catharsis.

« ne cherche pas à changer la réalité mais à changer le point de vue que tu as sur la réalité ». C’est une philosophie de la soumission ? Accepter tout c’est une forme de renoncement ! Mais les stoïciens précise bien qu’il faut pouvoir changer ce qui peut être. Il faut donc savoir ce qui peut être changer et le faire. Mais on ne peut pas révolutionner le monde tout seul. On ne peut changer que en fonction de ses capacités.

J’ai le choix aussi de renoncer mais alors je ne fais pas ce qui dépende de moi. Je refuse d’avoir une action sur le monde. C’est un raisonnement dicté par l’égo et l’émotion, le désir de toute puissance. On agit sur le périmètre sur lequel on peut agir.

Nous faisons partit du monde, à notre niveau. Nous ne pouvons pas agir à la place des autres.

C’est une philosophie, non du renoncement mais de la lucidité. Désirer l’impossible renvoie à la passivité et à la frustration.

Les actions que j’entreprends sont marqué par les émotions qui les poussent. Mais sans moteur des émotions, je ne dépend pas de l’illusion. Je suis donc beaucoup plus libre.

« Nos émotions nous rendent esclave »

Il s’agit de relativiser notre capacité d’action sur le monde.

Nous subissons nos émotions parce que nous ne faisons pas l’effort qu’il faut pour les maîtriser. Le bonheur est la condition de cette maîtrise : « l’important n’est pas ce qu’on a fait de nous mais ce qu’on fait de ce qu’on a fait de nous » – sartre. Nous pouvons cependant faire l’effort de changer notre caractère. Cela passe par une vision de changement.

Pour les stoïciens, nous sommes déterminés. Ce qui arrive arrive nécessairement. Quand quelque chose se produit, c’est qu’il y a une cause (une raison). On peut expliquer tout ce qui arrive, sans nécessairement l’accepter ou le légitimer. Expliquer n’est pas excuser. Expliquer les causes, c’est voir que tout est rationnel. La raison englobe tout ce qui est possible de comprendre. On peut ne pas découvrir les causes mais on sait qu’elles expliquent. Il n’y a pas de coïncidence, seulement des points de vue individuels et ignorant.

Comprendre les causes en amont permettrait alors d’empêcher l’événement en changeant le déroulement des causes. Les stoïciens propose alors de comprendre l’événement en prenant un point de vue omniscient.

L’univers est rationnel et doit se conformer à cette rationalité de l’univers. Plus il se rapproche de cette rationalité et plus il et libre et heureux. Le bonheur est donc ne plus dépendre de ses émotions. L’homme est capable, même si ce n’est pas facile, de se dépendre de ses émotions pour  arriver vers le bonheur. C’est par ce travail de combat ontre nos émotions que l’on va vers le bonheur.

Le bonheur est lors le contraire de la satisfaction de nos désirs. Le désir c’est un sentiment qui nous habite et qui manifeste notre manque d’un objet extérieur. Désirer c’est prouver que notre bonheur dépend de choses en dehors de notre volonté. On ne peut pas tuer son désir mais simplement combler momentanément ce désir.

Le bonheur, c’est de ne plus dépendre de ses désirs. Désirer c’est un manque. C’est donc se détacher du corps – cf également les yogis. Il s’agit de se détacher de notre corps et se concentrer sur notre conscience.

Le libre arbitre signifie pour les stoïciens  de ne pas ‘mouvoir de la fatalité du monde. On ne doit pas être passif devant l’événement mais faire preuve de discernement afin de définir ce qui peut être changer et de définir les moyens pour le faire.

A lire les pensées pour moi-même de marc aurele –