Retour réflexif sur la séance « dieu n’a pas d’adresse »

Cette séance a concerné 11 demi-groupe de 10 à 15 élèves de 6e. Elle s’inscrit dans un dispositif qui concerne les 6e uniquement : les ateliers info-doc. Dans ces ateliers l’auteur de l’article travaille avec les élèves autour de l’information. Le fil directeur de l’année est la notion d’adresse. Ce qui a été fait :

  • – Le collège est un ensemble de lieu qui ont des adresses (les salles, les bâtiments…)
  • – Le CDI est un de ces lieux dans lequel des objets, les livres ont des adresses. Les élèves ont fait le plan du CDI et ont identifié les différents espaces.
  • – La ville est un espace d’adresses. Une sortie vers la médiathèque a été organisée. Sur le chemin vers la médiathèque les élèves ont eu à repérer, sur une carte avec des gommettes, les différents objets et réseaux (route, vélo, bus, prise d’eaux, égouts, bâtiments divers, poste, pompiers…) qu’ils ont rencontrés.
  • – La visite de la médiathèque avait été préparé, avant la sortie, en préparant l’itinéraire, du collège vers la médiathèque, sur openstreetmap. Cela a été l’occasion de travailler sur l’adresse GPS.
  • – La médiathèque a aussi des objets adressés : livres, JV, CD…
  • – C’est dans ce contexte que s’insère l’atelier philosophie. C’est une introduction au travail qui se poursuit sur l’adresse IP d’un ordinateur en réseau (espace numérique)  et le chemin que prend l’information entre le click du lien d’un site qui se trouve sur une page de résultat et le chargement de la page…
  • Cette séance est prévue sur une heure et sert d’introduction au cours sur l’adresse IP. Ce choix est arbitraire. L ‘année prochaine, il faudra rendre cohérent l’insertion des temps philosophiques et documentaires.

La séance se passe au CDI (centre de documentation et d’information). Les élèves sont assis en rond et l’animateur/enseignant est avec eux dans le cercle. Il y a un bâton de parole, qui est un enregistreur. Il n’y a pas d’autres rôles définis. L’animateur/enseignant est identifié comme tel. La séance ne donnera pas lieu à la création d’une trace écrite, même si une réflexion existe sur la mise en place d’une séance ultérieure, reprenant la base de cette séance afin de lancer une recherche sur les thèmes : personne, humain et vivant.

Le statut de cette séance est d’être un work in progress en vue de préparer l’année prochaine. Il s’agit donc d’essayer et de remédier à ce qui a été fait.

Dans un premier temps, l’animateur/enseignant lis la première partie de l’histoire et je demande aux élèves ce qu’ils en pensent. Il attend deux arguments, la responsabilité individuelle de ses actes d’une part et le fait que Dieu ne soit pas adressable et ne soit donc pas une personne. Être accessible ne signifie pas forcément avoir un habitat. Il est toujours possible, même avec difficulté, de trouver quelqu’un. Et si ce n’est pas possible les limites sont physiques et non de l’ordre de la transcendance.

On peut localiser potentiellement quelqu’un sur cette planète. Pendant longtemps, il s’est agit de demander un chemin :

  • « t’as pas vu untel ?
  • « Si il est partit par là… »
  • ou alors « Tu tourne à droite, tu va tout droit… « 
  • ou alors « tu devrais demander à machin… »
  • ou alors, « 35, rue de shiva, 12000 shivapa ».

Aujourd’hui avec les progrès techniques des technologies de surveillance, on peut retrouver quelqu’un via la vidéosurveillance ou un gps ou un wifi et alors l’adresse devient quelque chose du genre : « untel était là à 12h40 ».

Quelque soit la méthode, Il suffit de consacrer du temps pour trouver quelqu’un en analysant ses traces d’activité. Il ne faut pas oublier que l’invention des adresses répond à cette demande de localiser les bandits et les mauvais payeurs de l’impôt. L’invention de ce dispositif technique et juridique a été d’abord pensée pour cela. Donc la question des justifiables importe peu finalement au regard de la volonté de fixer les individus.

Ensuite, l’animateur/enseignant donne aux élèves la conclusion de l’histoire et induit le traitement de trois thèmes liés :

  • – qu’est-ce qu’une personne ?
  • – qu’est-ce qu’un être humain ?
  • – qu’est-ce qu’un être vivant ?

L’idée est à chaque fois de remonter vers le niveau supérieur afin d’une part de distinguer ce qui fait que « nous sommes qui nous sommes » et d’autre part de montrer que l’adresse est constitutive de la personne. La séance dure une heure et doit déboucher sur cette conclusion : l’adresse comme localisation d’un objet dans un espace/réseau.

En conclusion, l’animateur/enseignant n’est pas satisfait de plusieurs choses :

  • – Les relances faites ne sont pas assez engageantes. Il faut re-travailler à la fois sur la posture et sur le style de l’animation. L’animateur/enseignant se trouve trop directif et ressent le besoin de lâcher prise.
  • – la séance n’a pas forcément beaucoup de sens pour les élèves, mais cela tient aussi au fait que c’est un test pour l’animateur/enseignant afin de préparer l’année prochaine. Cependant il faudra que cette séance soit mieux intégrée dans le programme.
  • – la liaison entre la discussion et la suite documentaire de la séquence n’est pas suffisamment explicite. Alors comment faire ? Une piste vers cet article sur la pratique philosophique et de la pratique artistique qui le dit bien, il ne s’agit pas de faire l’un et l’autre mais de proposer un dispositif qui permettent de faire les deux en même temps et qui soit un support de mise en communauté.
  • – Sur les notions, deux pistes sont envisageables : la notion d’espace / réseau et l’accès selon deux modes :
    • * cheminement d’un point vers un autre jusqu’à l’accès à l’endroit visé (indiquer le chemin)
    • * ou alors accès directe par planification/localisation.

Au final, l’année prochaine, l’animateur/enseignant souhaitent que les élèves sachent ce qu’est une adresse dans un espace, que chaque objet a une adresse (mais dieu qui n’est pas objectivable n’a pas d’adresse) et donc que donner une adresse à quelqu’un c’est l’objectiver afin de le retrouver (l’adresse a été créé pour « loger » les soldats en débandade de l’armée louisquatorzième et tout ce qui faisait un mauvais sujet qui ne payait pas l’impôt) et que retrouver quelqu’un ou quelque chose c’est partir d’un point A vers un point B, soit en créant son parcours par cheminement, par essai / erreur, par divagation de point à point OU en anticipant le trajet et en passant par une représentation de la route à suivre.

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