Protocole d’une séquence de DVDP à partir de « minuscule »

Cette séquence a été proposée aux étudiants du DU philosophie à l’école et dans la Cité par Olivier Blond Rzewuski le 25 avril 2018.

Ce qui suit est un protocole de création d’une question philosophique et de mise en œuvre d’une DVDP. Il peut y avoir à chaque étape des apprentissages proposés. Cependant il convient de mettre en place rapidement le protocole avant que de proposer ces formations complémentaires. Ce qui suit est donc le protocole plus les formations imaginées. Dans un premier temps, il s’agit d’avoir le ticket d’entrée le plus faible possible.

L’enseignant prend appui sur le visionnage d’un épisode de la série minuscule. C’est l’inducteur de la séance.

Après le visionnage, il demande que les élèves (en l’occurrence les étudiants du DU) leur compréhension du film. Il partage le groupe en trois, et demande à chaque groupe de dire le début, le milieu et la fin de l’histoire en une phrase. Cela permet de créer une compréhension robuste sans passer du temps à cette compréhension.

Il demande ensuite individuellement à chacun de lister les thèmes important qu’il retient dans ce film sous la forme d’un mot. Il choisit autant de mots que nécessaires. Parler de liste suppose que les élèves sachent ce que c’est. Cela peut demander un apprentissage. On ne parle pas nécessairement de mots clés mais cela peut déboucher sur un apprentissage du terme. Chacun met une croix sur le mot qu’il estime le plus important. L’animateur pendant cette phase peut induire certain thème (LEeee RUuuusé). On pourrait aussi proposer aux élèves de hiérarchiser les thèmes.

Ensuite l’animateur va demander les choix des élèves. On ne peut pas prendre plus de 10/15 mots. Pendant que l’animateur écrit, l’élève doit justifier de son choix. Attention frustration à prévoir et sur les mots retenus et sur la justification. Après tout, on pourrait envisager qu’un mot soit refusé au titre que l’élève ne sait pas l’argumenter (bon en pratique j’y crois pas).

Un premier travail intéressant sur la constitution des mots clés peut être mener. L’animateur ne marque pas les mots clés tels quel mais les discrimine déjà en y adjoignant un déterminant. Quand il est défini, cela renvoie à une généralité qui peut faire l’objet d’une question philosophique. Quand il est indéfini, on est plutôt sur une particularité pouvant éventuellement donné lieu à une recherche documentaire.

Le second travail intéressant est le travail sur les mots clés, éventuellement en s’aidant de dictionnaires : lexique, synonymes/antonymes, hyperonymie (TG) / hyponymie (TS), lemmatisation, associativité…

Il va alors falloir choisir la question à traiter par vote à deux tour. Chacun vote pour autant de thèmes qu’il veut. On compte. Le vote qui obtient le plus de voix est choisi. Pour le premier débat, l’animateur peut choisir le thème avec lequel il est le plus à l’aise.

On demande ensuite aux élèves, individuellement, de proposer des questions en lien avec ce thème. C’est la cueillette des questions ou ici. Il ne faut pas oublier que la vraie question philosophique est finalement qu’est-ce que « le thème retenu » ? Il faut prendre un temps sur comment formuler une question. OBR propose de demander à la cantonade « qui a une question » avant de demander comment formuler une question (est-ce que, qqcoqp…).

Les questions sont listées au tableau. L’occasion pour l’animateur de les « arrondir ». en y ajoutant des adverbes qui vont permettre de laisser une liberté au débat pour se développer. Il faut ensuite éliminer les redondances pour arriver à une dizaine de questions dont le but est avant tout d’illustrer la vraie question philosophique.  L’animateur va alors prendre un temps pour réorganiser les questionnements afin de structurer la discussion.

Ensuite, un temps de réflexion individuelle est proposée où l’élève va écrire ce qu’il sait sur la question (écriture, dessin, enregistrement audio). Il s’agit de poser une première représentation du thème qui va servir de point d’appui pour l’élève. Il s’agit de considérer ce temps comme un échauffement.

Les rôles sont ensuite définis et les différents acteurs entrent dans le cercle à leur place définie. Les fonctions de chacun sont rappelés ainsi que les règles fondamentales : droit de se taire, statut du gêneur, lever de la main, comportement de chercheur, rappel du temps prévu et de l’appel au  reformulateur par le président, l’animateur aussi sollicite la parole auprès du président mais a aussi une voix prioritaire… Le débat commence et peut se conclure par une question fictionnelle.

Le temps métacognitif permet d’avoir le retour des secrétaires (scribe ou sketchnoter) qui vont présenter la trace écrite. On demande aux répondants de faire un retour sur la tenue du débat et sur ce qu’il faudrait améliorer sur le dispositif. Enfin un temps d’écriture individuelle est demandée qui doit enrichir le temps d’écriture préalable.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.