Dieu n’a pas d’adresse, l’atelier

Préparation d’un atelier philo à partir de l’histoire de Ernie Sanders et de Mircea Pavel qui ont tous les deux porté plainte contre Dieu, le premier en tant que sénateur du Nebraska contre les intempéries supposément provoqués par Dieu, le second, condamné pour meurtre, parce que Dieu, n’a pas respecté le contrat de sa naissance de le délivrer du mal. La réponse fut la même dans les deux cas : Dieu n’est pas justiciable, il n’a pas d’adresse.

L’idée de cet atelier est de partir d’une histoire, de demander aux élèves qu’elle est la conclusion de l’histoire et d’aborder ensuite la notion d’adresse. Les pistes de réflexion sont à suivre. En voici quelques unes :

Quelles autres plaintes peut-on faire, aussi absurde (voir un jour une actu), ce qui renvoie à la responsabilité personnelle et à la liberté de chacun

une adresse est d’abord une notion juridique, en lien avec l’identité d’une personne. Une personne est donc définie en droit. Cette adresse est dans un espace qu’elle contribue à définir. L’espace est donc d’abord un tissu ou un filet ou mieux un réseau (rets/filet = notion de réseau) d’adresse. Notion topologique de l’espace. On peut déboucher ainsi sur la notion de réseau.

Une adresse, cependant ne défini pas seulement une identité d’une personne mais aussi l’identité (ou les coordonnées, ou les caractéristiques) des objets. A partir de là on débouche sur la question d’internet.

mise à jour après 5 séances avec des groupes de 6e.

Déroulement

  1. Lecture de l’histoire avant la réponse du juge. Qu’en pensez-vous ? De la responsabilité de l’homme // de l’irresponsabilité de Dieu. Ce n’est pas la question de Dieu qui est au centre mais la question de l’homme. – 10 minutes

2. Qui/C’est quoi est Dieu ? Le doute sur la question renvoie à l’interrogation suivante, Dieu est-il une personne ? C’est quoi une personne ?

  1. C’est quoi Être une personne ? Un être humain ? Un individu ? Une personne ? Un sujet ? (voir plus bas) – 10 minutes [la notion de sujet n’a pas été abordé]

  2. Lecture de la réponse du juge. Dieu n’a pas d’adresse = justiciable (voir plus loin). Besoin d’une identité dans un espace. – 10 minutes

  3. C’est quoi habiter une maison ? (voir plus bas) – 10 minutes [impossible à tenir dans l’heure – à faire peut être dans un second temps en posant la question, c’est quoi habiter quelque part ?]

  4. Est-ce que des objets peuvent avoir une adresse ? 10 minutes

Identité

Pourquoi une adresse est-elle la base de la justice ?  Parce que le Droit est associé à un pays. Parce que si on veut trouver quelqu’un, on a besoin de son adresse. Donc il faut être une personne. L’adresse est inventée en France au 18e siècle pour que la police aille trouver celui qui n’a pas payé l’impôt. Ensuite pour pouvoir adresser les factures. Par exemple l’inscription à la médiathèque, il a fallu prouver votre adresse.

De quand date les noms de famille. Du Moyen-âge quand les villes se sont construites (12e/13e s.) et qu’il a commencé à y avoir beaucoup de monde avec un même prénom. Les noms sont créé sur des bases assez classiques, quelque soit les cultures : fils de… métier, provenance, surnom (positif ou négatif : hadj, petitjean)

Une adresse, c’est un nom, un lieu (n° + rue), une ville, un pays. C’est donc un point précis sur la planète qui met en relation un espace, un territoire avec une personne ou un objet. On part du micro vers le macro. Quelles autres adresses ? Le GPS, l’identification dans un réseau…

Etre humain, individu, personne, sujet

C’est quoi être vivant. C’est croître et grandir jusque vers la mort. Nous ne pouvons avoir qu’une expérience de la vie et il nous est impossible d’avoir une expérience de la mort. La vie c’est des processus biologiques qui ont une généalogie, des premières bactéries, il y a trois milliards d’années aux nouveaux animaux de compagnie et à la sélection du vivant. Un être vivant perçoit son environnement par les sens (humains et animaux) mais aussi par d’autres processus chimique ou électrique. Un être vivant vit en symbiose avec son environnement (les racines des arbres et les champignons par exemple ou les bactéries dans le corps des mammifères). Un être vivant ne fait pas que vivre, il existe car il est en relation avec son environnement. Un être vivant transforme les perceptions de son environnement en « émotion ». Il est organisé autour de deux principes de douleur et de plaisir.

  • un être humain peut être décrit comme un corps composé de jambes, de bras, d’organe… vertébré, mammifère, social, réflexif, ayant des sentiments, faber et pouvant avoir des expériences (c’est à dire une réflexion et un discours sur le faire) et producteur de culture, et ayant un langage complexe. Ce qui va différencier un être humain d’un animal, ce n’est pas la réalité des émotions qu’il ressent mais le fait qu’il puisse les dire (langage) et en avoir conscience (conscience de soi et réflexivité – c’est le cogito ego sunt – et donc la subjectivation) et donc les transformer en sentiment : exe, éprouver de la douleur (animal) et souffrir (homme qui perçoit en lui la douleur et qui sait en appréhender les signaux pour agir). Cependant la perception vécue de l’animal échappe à l’être humain.

un être humain est donc un individu, en ce sens qu’il appartient à une espèce, une personne car il est unique et joue son rôle au mieux de l’environnement dans lequel il est et des situation dans lesquelles il interfère. C’est enfin un sujet car il a la conscience de soi.

  • Un individu est un quelqu’un d’unique qui appartient à une espèce donnée et qui en a les caractéristiques (être humain – voir plus haut). Il a une frontière (le corps), il ne peut être coupé (deux moitié de chien ne font pas deux chiens). Il peut être compté. C’est aussi une entité qui ne peut être divisé par opposition à un groupe. Il est visible sous la forme de son corps. Aujourd’hui avec la nouvelle vision du biotope en symbiose avec l’individu, et les relations globales aux bactéries, mais aussi avec l’hypothèse Gaïa, le périmètre de l’individu devient beaucoup plus flou.

Un individu possède des différences mineures par rapport à un un autre individu qui sont d’ordre génétique (génétique des populations) et culturel (apparence, comportement évolue dans le temps et dans l’espace différemment d’un autre, caractère, culture, communication…) Il est également une identité génétique individuelle unique.

  • Une personne vient de persona, en latin, le masque de l’acteur. C’est donc bien la couche identité (identification, identique à soi-même / à autrui à un moment donné – identité juridique – identité active – identité et rôles – mêmeté) et personnalité (caractères permanents de l’individualité, originalité et singularité – ipséité) dans le temps (ce que je suis aujourd’hui diffère de ce que je fus et de ce que je serais // ce que je suis est aussi une permanence de ce que je fus et de ce que je serais).  Elle est unique. Je peux définir une personne juridiquement. C’est bien une personne que l’on vient chercher à l’adresse donnée.

Une personne est aussi quelqu’un qui a conscience de lui-même, et qui est vu comme te. Il est identifié par son apparence, son comportement, son caractère, sa communication, ses connaissances et tout ce qui fait qu’il fait. Avoir conscience cela signifie qu’un individu a l’intuition de ses états mentaux, de son existence et du monde qui l’entoure. La conscience porte sur ce qui se passe dans l’esprit de la personne (raisonnements, connaissances, croyances, perceptions, rêves, identité…) et sur l’environnement extérieur (espace, personnes, relations…). La conscience est d’abord la conscience de soi. [pour l’instant, pas de travail autour de la conscience].

Une personne est dans le temps et dans l’espace. elle a des qualités, des valeurs qui se rattache à une société donnée. Elle a des qualités morales, des défauts, des droits et des devoirs.

Une personne a une personnalité juridique qui lui est donné à la naissance. Une personnalité juridique s’inscrit dans un système d’identité : identifiant inscrit dans le registre d’identité qui permet d’établir des documents d’identité attestant de droits et de devoirs garantit par une autorité.

  • Le sujet est un individu (ce qui distingue un individu, d’un autre), une personne (qui a conscience de soi) qui produit des actes.  Il a la faculté de parler à la première personne. Un sujet est un « je » qui produit des actes, des pensées, qui a des perceptions qui lui sont propre. C’est là le domaine de la responsabilité. Un sujet a un point de vue unique (subjectivité) sur le monde qui l’entoure. Par exemple, Mircea Pavel  s’exonère de sa responsabilité en portant plainte contre Dieu, mais celui-ci ne peut aller en justice car il n’habite pas le pays comme une personne. Par contre Dieu, dans les livres saints, l’ancien testament notamment, peut aussi être un « je »]

Qu’est-ce quu’n espace ?

Un espace est délimité par une frontière. En mathématiques, c’est une surface déterminée et finie, c’est à dire qui a des frontières. En géométrie euclidienne, l’espace est la troisième dimension, celles qui combine les plans entre eux. Un plan est facilement compréhensible par la représentation de la feuille de papier sur laquelle je peux tracer un point (dimension 0), une droite qui nécessite obligatoirement deux points (dimension 1), et un plan qui nécessite obligatoirement deux droites (dimension (2). L’espace est la dimension 3 qui nécessite d’avoir deux plans sécants (un volume quelconque) et la 4e dimension est celle de l’espace-temps.

Il peut aussi être délimité par mon regard, l’extrême limite où mon regard porte. C’est la ligne d’horizon qui détermine l’espace dans lequel je vis et j’agis (Nietzsche). C’est donc quelque chose que l’on ne peut saisir (comme l’arc en ciel) mais que l’on veut atteindre. Un espace est donc aussi délimité par nos perception : espace sonore, visuel, sensoriel… Nous nommons alors les choses dans cet espace selon leur plus ou moins grande proximité à nous.

Un espace géographique est un est un espace social, produit des groupes humains qui l’organisent et le mettent en valeur pour répondre à des objectifs fondamentaux : appropriation, habitat, échanges et communication, exploitation. Dans un espace l’homme est toujours présent. Le CDI est un espace où des élèves ont des pratiques scolaires.

Un réseau créé aussi un espace, dans e sens où il est une réalité physique (réseau de téléphone] ou que l’on peut le représenter (logique du réseau social sociologique qui devient une réalité physique via internet et qui de se fait donne lieu à la création de nouvelles représentations). Internet, réseau physique et numérique et hypertexte et social est un espace dans lequel le sujet agit, crée ou recrée son identité et sa personnalité, en lien avec les interactions physiques.

Habiter une maison

C’est le lieu de la protection, de la sécurité. C’est l’un des besoins primitifs de l’homme avec manger et se reproduire. C’est aussi le refuge et le lieu de la tranquillité. C’est être à l’abri du regard de l’autre, de l’étranger (celui qui n’est pas la famille) Habiter, c’est vivre. C’est aussi le lieu où je construit mon identité (affiches sur les murs de la chambre). Habiter c’est faire sien, s’approprier un espace : c’est ma chambre. L’espace habité peut aller du plus petit (le lit) au plus grand (le territoire). Partir de chez ses parents, c’est habiter une autre maison. C’est la marque de l’autonomie.

C’est aussi l’endroit à partir de où je construit ma sociabilité et mon inscription dans l’espace social, culturel, économique… Ce n’est donc pas simplement une tanière qui me protège, mais aussi une projection vers l’autre.  C’est un préalable à l’homo faber.

Habiter, c’est donc être fixé sur un lieu stable « qui appartient à », quelque soit la structure juridique de cet « appartient à ». On peut alors distinguer la propriété du sol, de la propriété de l’habitat. Derrière la notion de propriété, on distingue en Droit, trois droits : usus ( le droit de l’utiliser (l’usage), fructus (le droit de recueillir les fruits du bien (le profit), abusus (le droit d’en disposer c’est-à-dire de le détruire en tout ou partie, de le modifier, ou de le céder à un autre.)

C’est le lieu de la famille. C’est dans la maison la différence entre ce que je fais avec et ce que je fais seul. Il y a aussi dans la maison ce que je fais à l’intérieur et ce que je fais à l’extérieur. La maison est aussi le lieu où l’individu et le groupe primitif interagissent (fais tes devoirs – range tes affaires).

La maison, l’habitat, la demeure est le lieu de l’intimité. C’est le lieu dans lequel je vis mon intimité : les pièces de l’intimité, du lieu d’aisance à la chambre, de la chambre au lieu d’accueil et à la cuisine. L’intimité est aussi ce que je partage avec la personne choisie (j’ai un secret). L’intimité, c’est ce qui sort de moi. C’est ce qui est en lien avec mon corps. Une maison, c’est des corps qui évolue les uns par rapport aux autres.

C’est aussi le lieu où je m’habille pour sortir. Je choisis les vêtements en accord avec ce que je veux montrer et en accord avec ce qui me fait plaisir ou ce qui me donne confiance. En sortant je me prépare à jour mon rôle social avec les autres, mon groupe social, la classe, mes copains, mes amis… La personne exclue de la vie sociale n’a plus de maison (sdf) a une maison « dégradée à ses yeux ». Habiter c’est projeter et affirmer sa manière d’être, son identité.

Habiter peut devenir le prolongement de soi, la représentation d’un imaginaire, l’affirmation d’une idéologie. Il témoigne d’un niveau de vie, et d’une appartenance à un milieu social.

C’est le lieu qui distingue l’intérieur de l’extérieur. Habiter c’est distinguer un espace, une frontière entre intérieur et extérieur, domaine, sphère, vie privé et publique. Comment passez-vous de l’intérieur vers l’extérieur ? Pour aller au collège par exemple ?

Une maison a une adresse. L’adresse c’est une coordonnée dans un espace. On a les coordonnées gps qui nous adresse sur la planète (grace au portable). Nous sommes donc des sujets adressés. L’adresse que nous connaissons : nom de famille, numéro, nom de rue, ville, pays. Cela pourrait aussi être une description pour aller quelque part. « POur aller à la maison, tu prends la deuxième rue à gauche ». C’est donc un chemin entre ici et là-bas.

Voir aussi ici

Liens vers « dieu n’a pas d’adresse »

Lien vers un jour une actu

https://www.courrierinternational.com/article/2007/09/27/dieu-traine-en-justice

http://atelier.rfi.fr/profiles/blogs/l-islamisation-et-christianisation-du-nom-de-dieu-au-xxi-me-si

http://www.lepoint.fr/societe/dieu-un-justiciable-pas-comme-les-autres-17-10-2011-1385712_23.php

http://www.liberation.fr/actualite/2007/07/11/un-roumain-deboute-de-sa-plainte-contre-dieu_11621

https://www.arcinfo.ch/sortir-articles/dieu-n-a-pas-d-adresse-61682

http://www.quartier-europeen.eu/Dieu-existe-t-il-et-quel-est-son

Prise de notes

se blottir, c’est une manière d’habiter le monde. Bachelard va , à partir de la maison, mais aussi des espaces plus petits qui sont en son sein, travailler sur les espaces rêvés.

Pour Bachelard, quand on fait un zoom (4e dimension) c’est une intuition géométrique que l’on peut retrouver dans un espace imaginaire, comme un tiroir dans lequel on rentre. On peut le voir aussi dans la lecture d’une affiche.

La poétique de l’espace de Bachelard. A télécharger sur les classiques en sciences sociales. Qu’est-ce que c’est ? pose la question de l’intuition pour habiter un espace. Il fait appel à sa culture scientifique pour montrer la beauté de l’imaginaire. Peut-on rapprocher l’écoute de l’extrait sur la maison et la chanson de benabar, 4 murs et un toit. Ecoute de Bachelard, la chambre est une poétique du repos dans lequel on se repose et où on est heureux. La maison est caractérisée d’une manière sensible.

La topophilie de Bachelard, c’est le bonheur de découvrir des espaces. La maison est comme une membrane qui permet d’entrer et de sortir. Chaque espace de la maison est travaillé par une anima. La cave humide de la grotte contre le grenier sec. Ces espaces sont en tension avec une histoire, une profondeur.

La maison est la maison révée qui s’appuie peut être sur la maison natale mais ne s’y résoud pas. Une vraie maison est verticale, de la cave au grenier. La maison de nos rêve est une exigence humaine pour retrouver le lieu du repos.

La question des images comme espace de jeu (Damiaso parle de cartographie pour parler des images). Si ces espaces r^vés sont des images, alors comment en saisir l’être et en parler. La méthode de bachelard : respecter ces images rêvées et se libérer des intuitions du sens communs. Il faut laisser ces espaces suivre leur propre dynamisme. Il faut ensuite voir les différences. Dans un troisième temps, on va retrouver des analogie avec des concepts très complexe de l’épistémologie. Parle de la loi d’isomorphie. Parler de quelque chose renvoie à des images et appel les sentiments ou des concepts. Rêver, c’est habiter par le rêve, mais c’est aussi avoir habiter une maison pour se reconnaître (Ca ressemble furieusement aux Loci)

« on est pas chez soi dans l’infini » – Bachelard. La maison est/représente un espace intime. La maison est la condensation d’un certains nombres de topos, de lieu. On habite la maison ou est-ce elle qui nous habite ? On ne veut pas vivre dans une hutte mais on veut garder l’image d’une hutte dans laquelle on habite. Avec l’image de la hutte, on retrouve un espace immémoriale dans la forêt. Chaque maison a une image de l’univers en elle. Ce n’est pas la maison où on habite, mais la maison où on rêve d’habiter.

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