Ethique et éducation morale et civique

Cet article est la prise de notes du cours sur l’éthique (médicale et éducative) de Guillaume Durant à l’ESPE Le mans les 27 et 28 février 2018. Il introduit le cours par la définition de ce qu’est un problème éthique. C’est donc un conflit de valeurs ou de principes qui n’admet pas une seule et unique « solution ». On ne se trouve pas face à des vérités mais à des positions. Et une fois la décision prise pour résoudre ce problème, il va rester un « résidu moral » du problème (Beauchamps et Childress, 1979).

Ce qui est au coeur de l’éthique, c’est donc l’articulation entre le principe d’autonomie et le principe de non-malfaisance.

Il aborde ensuite la question de l’enseignement de la morale tel qu’il apparaît dans l’éducation morale et civique au travers de la notion des « valeurs de la république ». Parle-t-on des grands principes républicains « liberté, égalité, fraternité, laïcité… » qui fondent l’instruction civique ou alors des grands principes moraux étendus à l’individu comme la générosité, le sens de l’effort, toutes choses que l’école devrait partager alors avec la famille. Dans le premier cas nous sommes dans le cadre de la vie juste. Dans le second, nous sommes dans le cadre de la vie bonne. Qu’est-ce alors qu’une vie juste et une vie bonne ?

Dans la définition d’une EMC à l’école, il rappelle la notion de « faire partager » ? Est-ce la connaissance objective des valeurs, ce que la société se donne à elle-même. C’est donc de la transmission de connaissance. Est-ce une contrainte faites aux élèves d’obéir à ses valeurs ? Il s’agit alors d’une imposition par le haut ou alors mettre en place un cadre qui suscite une adhésion libre et éclairée à ses valeurs. Comme si la participation au cadre permettait à l’élève de découvrir en situation les bienfaits de telles valeurs.  Il termine par la question de l’enseignement. Peut-il y avoir un enseignement aux valeurs ?

Il y a deux grands modèles qui s’oppose, le paternalisme politique et moral et le minimalisme politique et moral. Le premier correspond à l’expression « gérer en bon père de famille« . De ce modèle découle l’instruction civique et morale, c’est à dire l’inculcation des règles sociales qui peuvent s’enseigner et le modèle du tuteur pour faire pousser un arbre droit. Le rôle du maître et donc de contraindre plutôt que partager. Les futurs citoyens sont jugés irresponsables et ce qui est fait l’est « pour leur bien« . Pour le second modèle, la liberté de choix, pour soi-même, est absolue tant qu’il n’y a pas nuisance à autrui. A l’école, seul compte l’instruction civique. On peut donc viser une vie juste, mais la vie bonne ne dépend pas de l’école. Existerait-il une troisième voix que l’on rencontrerait dans les nouveaux programmes de 2015 ?

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